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Parlons de votre Projet

SNBDA : concevoir un système graphique commun à plusieurs fanzines

Créer un logo, c’est donner une identité à une publication. Mais lorsque plusieurs fanzines coexistent au sein d’une même association, une autre question apparaît : comment organiser leurs informations, distinguer leurs publics et construire une cohérence graphique sans uniformiser leurs identités ?

C’est cette réflexion qui a accompagné mon travail sur le SNBDA, un système adopté par deux fanzines de l’AccaBD, association de bande dessinée basée à Caen, en Normandie.

Une troisième publication, destinée à un public adulte, doit également rejoindre ce dispositif en 2028.

L’objectif dépasse la création d’un simple cartouche informatif. Il s’agit de concevoir un langage graphique capable d’accompagner plusieurs publications, chacune avec son identité, ses auteurs et son lectorat.

Logo SNBDA : un livre ouvert sous le sigle, accompagné du nom Système de Notation des Bandes Dessinées par Âge.
Logo du SNBDA et nom développé figurant sur les visuels présentés. Création graphique : François Lefeuvre — Arpafran.

Un besoin commun à plusieurs publications

Chaque fanzine possède sa propre personnalité.

Bol d’Encre, publication historique de l’AccaBD, accueille des créations issues de différents univers de la bande dessinée.

D’autres publications de l’association s’adressent à des lectorats spécifiques.

Cette diversité constitue une richesse, mais elle pose également des questions de communication.

Comment permettre au lecteur d’identifier rapidement une publication ?

Comment lui transmettre les informations essentielles sans encombrer la couverture ?

Comment conserver une cohérence entre plusieurs fanzines qui ne partagent pas nécessairement les mêmes codes graphiques ?

Et surtout, comment concevoir un système suffisamment souple pour accueillir de nouvelles publications ?

La réponse ne pouvait pas se limiter à reproduire le même habillage sur toutes les couvertures.

Il fallait construire des repères communs sans effacer les différences.

Concevoir un système plutôt qu’un simple élément décoratif

Les visuels présentés développent le sigle en « Système de Notation des Bandes Dessinées par Âge ». Le livre ouvert donne un repère commun à une famille d’étiquettes combinant code, couleur et indication du public.

Je distingue deux composants complémentaires : le SNBDA fournit la signalétique du public conseillé ; le cartouche éditorial accueille cette signalétique à côté du numéro, de la date, du prix et de l’identité associative. La classification peut aussi être utilisée seule.

Un cartouche graphique peut sembler anodin.

Quelques informations, des formes géométriques, un numéro et un pictogramme.

Pourtant, lorsqu’il doit fonctionner sur plusieurs publications, sa conception devient plus complexe.

Il faut réfléchir à la nature des informations, à leur importance, à leur organisation et à leur représentation.

Le dispositif doit également rester compréhensible lorsqu’il change de couleur, de format ou d’environnement graphique.

C’est dans cette logique que s’inscrit mon travail sur le SNBDA.

Une structure identifiable

Le principe du cartouche consiste à réunir des informations éditoriales dans une zone graphique clairement délimitée.

Le lecteur doit pouvoir retrouver ses repères d’un numéro à l’autre.

La composition peut évoluer, mais son organisation générale conserve une logique commune.

Une identité adaptable

Le dispositif éditorial ne doit pas imposer une direction artistique unique à toutes les publications.

Chaque fanzine conserve son logo, son univers chromatique et sa personnalité.

Le SNBDA intervient comme un élément transversal.

Il crée une continuité entre les publications sans chercher à les rendre identiques.

Une identité commune n’exige pas une esthétique uniforme.

Des inspirations entre comics américains et cartouches anciens

Pour concevoir ce dispositif, je me suis notamment intéressé à deux formes d’organisation graphique.

Les comics américains

Les couvertures de comics utilisent depuis longtemps des espaces réservés aux informations éditoriales.

Numéro, date, prix, éditeur ou indications particulières peuvent être regroupés dans des zones facilement identifiables.

Cette organisation présente un avantage évident : elle permet de transmettre des informations sans les disperser sur toute la couverture.

Elle crée également des habitudes de lecture.

Le lecteur sait où chercher certains renseignements.

Les cartouches de l’Égypte ancienne

Les cartouches égyptiens reposent sur un principe différent, mais graphiquement intéressant.

Ils rassemblent plusieurs signes à l’intérieur d’une forme délimitée.

Cette organisation transforme un ensemble de symboles en une composition identifiable.

L’intérêt de cette référence n’était pas de reproduire une esthétique antique.

Il s’agissait plutôt de reprendre une logique de construction : organiser plusieurs éléments distincts dans une forme graphique cohérente.

Transformer ces références en un langage contemporain

Ces deux inspirations ont nourri la conception du cartouche éditorial.

L’objectif était de réunir les avantages d’une organisation fonctionnelle et d’une composition graphique reconnaissable.

Le résultat devait rester compatible avec des couvertures contemporaines et des univers illustratifs très différents.

Organiser les informations selon leur fonction

L’un des principaux enjeux d’un système éditorial consiste à hiérarchiser les informations.

Toutes n’ont pas la même importance.

Certaines permettent d’identifier la publication.

D’autres renseignent sur son édition ou son public.

Les regrouper sans hiérarchie reviendrait simplement à déplacer le désordre dans un rectangle.

Le travail consiste donc à organiser ces informations pour faciliter leur identification.

Le numéro de publication

Le numéro permet de situer une édition dans la collection.

Il constitue également un repère pour les lecteurs qui souhaitent retrouver un exemplaire particulier.

Son emplacement doit rester identifiable d’une publication à l’autre.

La date de parution

L’intégration de l’année et du mois permet de préciser la période de publication.

Cette information devient particulièrement intéressante lorsqu’un fanzine développe son rythme de parution.

Elle facilite également l’archivage et l’identification des éditions.

L’identité associative

Le cartouche peut accueillir le logo de l’AccaBD.

Cette présence permet de rattacher visuellement la publication à l’association.

Elle constitue un lien entre plusieurs fanzines possédant des identités graphiques distinctes.

L’identification du public

Cette information joue un rôle particulier.

Les publications de l’AccaBD ne s’adressent pas nécessairement aux mêmes lecteurs.

Il est donc important de pouvoir communiquer clairement leur destination éditoriale.

L’intégration du SNBDA participe à cette logique d’identification.

Deux cartouches éditoriaux avec classification E5 et A12, prix, identité AccaBD, date, numéro et licence.
Le pictogramme SNBDA est un composant du cartouche : les autres zones regroupent les informations éditoriales. Conception graphique : François Lefeuvre — Arpafran.

Le SNBDA : identifier les publics sans dénaturer les couvertures

L’âge conseillé relève d’un choix éditorial du comité de rédaction ou de l’auteur. Le signe graphique rend ce choix visible : il ne remplace pas l’examen du contenu.

L’indication du public auquel s’adresse une publication doit être suffisamment visible pour remplir sa fonction.

Mais elle ne doit pas nécessairement devenir l’élément dominant de la couverture.

C’est tout l’intérêt d’intégrer cette information dans un système graphique cohérent.

Le SNBDA trouve sa place dans une organisation éditoriale plus large.

Son traitement graphique doit permettre de transmettre l’information tout en respectant l’identité de chaque fanzine.

Une information qui doit rester compréhensible

Une signalétique ne peut pas reposer uniquement sur son esthétique.

Elle doit posséder une signification identifiable.

Le lecteur doit pouvoir comprendre à quel public s’adresse la publication.

Le travail graphique consiste donc à trouver un équilibre entre reconnaissance visuelle, cohérence éditoriale et clarté de l’information.

Une intégration discrète, mais assumée

Le dispositif ne cherche pas à concurrencer l’illustration principale.

Il occupe une place définie dans la composition.

Cette intégration permet de préserver l’impact artistique de la couverture tout en conservant les informations nécessaires au lecteur.

La signalétique doit être visible lorsqu’on la cherche, sans nécessairement monopoliser le regard.

Planche SNBDA présentant douze étiquettes de public conseillé, de BB à A21, avec TP et ERO.
Planche SNBDA 3.0 fournie pour cette étude. Création et conception graphique : François Lefeuvre — Arpafran.

Cette planche présente les codes BB, E3, E5, E7, E10, A12, A14, A16, A18 et A21, ainsi que TP et ERO. La catégorie A18 comporte les repères VIO, SEX et PSY. La documentation en ligne présente une autre version : les visuels ci-dessus constituent la référence graphique de cette étude.

Un système modulaire pour plusieurs fanzines

L’un des intérêts majeurs de cette conception réside dans sa capacité à évoluer.

Un système graphique destiné à une seule publication peut être construit autour de contraintes très spécifiques.

Mais lorsqu’il doit accompagner plusieurs fanzines, il faut anticiper les différences.

Les formats peuvent varier.

Les couleurs peuvent changer.

Les logos peuvent posséder des proportions très différentes.

Les informations éditoriales peuvent également évoluer selon les publications.

Des règles communes

Le dispositif repose sur une organisation identifiable.

Certaines fonctions restent constantes, notamment l’identification de la publication et la présentation des informations essentielles.

Cette stabilité facilite son utilisation sur plusieurs supports.

Des adaptations propres à chaque publication

Le système doit également accepter des variations.

Les couleurs d’accompagnement, les proportions et l’agencement du cartouche peuvent être adaptés à l’univers de chaque fanzine. Les couleurs et les codes propres aux catégories SNBDA conservent leur fonction de repérage.

Il ne s’agit donc pas de créer un modèle rigide dans lequel toutes les publications devraient entrer de force.

Il s’agit de concevoir un ensemble de règles suffisamment cohérent pour être reconnu et suffisamment souple pour évoluer.

Anticiper les besoins futurs

Cette modularité permet d’envisager l’arrivée de nouvelles publications sans devoir repartir de zéro.

La structure existe déjà.

Il reste à l’adapter aux besoins éditoriaux et graphiques du nouveau support.

C’est précisément l’intérêt d’un système de design : ne pas résoudre plusieurs fois le même problème lorsque l’on peut concevoir une solution réutilisable.

Deux fanzines l’ont adopté, un troisième suivra en 2028

Le système a été adopté pour Bol d’Encre et Bol de Pastel, deux publications de l’AccaBD.

Cette adoption marque une étape importante dans le projet.

Elle permet de passer d’une réflexion graphique à un dispositif utilisé dans l’identité éditoriale de l’association.

Mais le travail ne s’arrête pas là.

Une autre publication, destinée à un public adulte, est prévue pour rejoindre le dispositif en 2028. Ce projet est distinct de Terreurs Nocturnes, qui n’utilise pas encore le SNBDA.

Cette évolution présente un intérêt particulier.

Elle confirme la nécessité de disposer d’un système capable d’accompagner des publications aux contenus et aux publics différents.

L’enjeu n’est pas de gommer leurs particularités.

Au contraire, il est de faciliter leur identification tout en conservant une appartenance graphique commune.

Du graphisme à la conception d’un langage visuel

Ce travail illustre une dimension du métier de graphiste qui dépasse la création d’une image isolée.

Un logo répond à un besoin d’identification.

Une couverture répond à des besoins de communication et de composition.

Un système graphique doit, quant à lui, répondre à plusieurs besoins simultanément et continuer à fonctionner dans des situations différentes.

Sa conception nécessite de réfléchir aux usages, aux contraintes et aux évolutions possibles.

Concevoir pour aujourd’hui et pour demain

Un dispositif trop spécifique risque de devenir inutilisable dès que les conditions changent.

À l’inverse, un système trop générique peut manquer de personnalité.

Il faut donc trouver un équilibre entre structure et liberté.

C’est cette recherche qui a guidé mon travail sur le SNBDA et son intégration éditoriale.

Une cohérence qui ne dépend pas de l’uniformité

Les fanzines de l’AccaBD peuvent conserver des univers graphiques très différents.

Leur point commun ne réside pas nécessairement dans leurs couleurs, leurs typographies ou leurs illustrations.

Il peut se construire à travers des éléments fonctionnels partagés.

Le SNBDA et son intégration au cartouche participent à cette cohérence.

Ils permettent d’identifier une logique éditoriale commune sans imposer une esthétique unique.

Le résultat : un système adopté et pensé pour évoluer

Le travail sur le SNBDA et son intégration graphique répond à plusieurs objectifs.

Il permet d’organiser les informations éditoriales, de faciliter l’identification des publications et de créer des repères communs entre plusieurs fanzines.

Son adoption par deux publications et son extension prévue en 2028 illustrent sa vocation évolutive.

Ce projet démontre également qu’une identité visuelle ne se limite pas à un logo.

Elle peut prendre la forme d’un ensemble de règles, de signes et de composants destinés à fonctionner ensemble.

Une identité commune, plusieurs univers

Chaque fanzine possède ses auteurs, ses histoires et son public.

Le système graphique n’a pas vocation à effacer cette diversité.

Il doit lui donner un cadre suffisamment solide pour être identifiable et suffisamment souple pour continuer à évoluer.

Parce qu’une bonne identité visuelle ne doit pas seulement fonctionner aujourd’hui. Elle doit aussi pouvoir accompagner les projets de demain.

Prolonger la découverte

Bol d’Encre : repenser l’identité d’une couverture de bande dessinée

Une couverture de bande dessinée doit attirer le regard, donner envie de découvrir son contenu et permettre d’identifier immédiatement la publication.

Mais lorsqu’il s’agit d’un fanzine collectif, une autre difficulté apparaît : comment construire une identité graphique reconnaissable sans étouffer le travail des illustrateurs ?

C’est la réflexion qui a guidé mon travail sur la couverture du Bol d’Encre, le fanzine historique de l’AccaBD, association de bande dessinée basée à Caen, en Normandie.

L’objectif était de faire évoluer sa présentation éditoriale en trouvant un équilibre entre tradition, modernité, informations pratiques et liberté artistique.

Une couverture qui doit laisser respirer l’illustration

La couverture est généralement le premier contact entre une publication et son lecteur.

Elle doit attirer l’attention, transmettre une ambiance et susciter la curiosité.

Dans le cas du Bol d’Encre, elle possède également une fonction particulière : mettre en valeur le travail d’un artiste participant à une publication collective.

Chaque numéro peut présenter un univers graphique différent.

Certains illustrateurs privilégient des compositions très colorées, d’autres des ambiances sombres, des dessins minimalistes ou des mises en scène particulièrement détaillées.

Il serait donc contre-productif d’imposer une maquette trop rigide qui viendrait systématiquement masquer ou perturber leurs créations.

Mon approche repose sur un principe :

L’identité éditoriale doit accompagner l’illustration, pas entrer en compétition avec elle.

Le travail consiste alors à déterminer où placer les informations, comment les hiérarchiser et quelle place accorder à chaque élément.

Ancienne couverture de Bol d’Encre : une abeille survole des marguerites sous le titre orangé.
Ancienne couverture de Bol d’Encre. Illustration : Cyrille Ternon.
Simulation de couverture Bol d’Encre avec logo couleur miel, cartouche éditorial et espace de présentation d’un auteur.
Simulation de la nouvelle maquette : direction artistique, logo et mise en page par François Lefeuvre ; illustration de l’abeille par Cyrille Ternon. Les textes et la zone consacrée à Régis Loisel servent ici à montrer le dispositif ; cette image n’est pas la couverture finale publiée.

Conserver les bonnes idées plutôt que tout réinventer

Moderniser une identité visuelle ne signifie pas nécessairement abandonner tous les éléments graphiques précédents.

Certaines idées méritent d’être conservées, adaptées ou réinterprétées.

Pour cette couverture, j’ai notamment choisi de reprendre le principe d’un logo évoquant le miel.

Cette approche fonctionne particulièrement bien avec l’illustration mettant en scène une abeille dans un environnement floral.

Les couleurs jaunes et orangées créent une continuité visuelle entre le titre et l’image.

Le logo ne semble plus simplement posé sur la couverture : il participe à son univers graphique.

Une identité capable de s’adapter

La refonte du logo Bol d’Encre a été pensée pour permettre plusieurs traitements graphiques.

Sa silhouette et sa construction typographique constituent les éléments permanents de l’identité.

En revanche, ses couleurs et certains effets peuvent évoluer selon les illustrations.

Cette souplesse permet de préserver la cohérence du fanzine sans imposer une présentation identique à chaque numéro.

Une identité graphique cohérente n’est pas forcément une identité figée.

C’est particulièrement vrai dans le domaine de la bande dessinée, où chaque couverture peut posséder une personnalité radicalement différente.

La simulation ci-dessus montre l’adaptation du nouveau logo en jaune et orange à l’illustration de Cyrille Ternon.

Organiser les informations sans transformer la couverture en panneau publicitaire

Une couverture doit transmettre plusieurs informations.

Le nom de la publication, son numéro, sa date, son éditeur et éventuellement des indications concernant le public auquel elle s’adresse.

À cela peuvent s’ajouter des accroches, des annonces de contenus ou la présentation d’un artiste.

Le risque est de multiplier les éléments jusqu’à saturer la composition.

Pour éviter cet effet, j’ai travaillé sur une organisation plus structurée des informations éditoriales.

Un cartouche inspiré des comics et des inscriptions anciennes

Les comics américains possèdent une longue tradition d’organisation graphique des informations de couverture.

Le numéro, la date, le prix ou l’identité de l’éditeur sont fréquemment regroupés dans des espaces dédiés.

Les cartouches de l’Égypte ancienne constituent une autre référence intéressante par leur capacité à réunir plusieurs signes dans une forme clairement délimitée.

Ces inspirations ont nourri ma réflexion.

L’idée était de créer un espace graphique regroupant les informations essentielles du fanzine.

Ce cartouche permet notamment d’intégrer :

  • Le numéro de la publication.
  • L’année et le mois de parution.
  • Le logo de l’association.
  • Une indication du public auquel s’adresse le numéro.

Le lecteur retrouve ainsi ses repères d’une édition à l’autre.

Et surtout, les informations ne sont plus dispersées sur l’ensemble de la couverture.

Une structure qui respecte l’image

En regroupant les informations dans une zone identifiable, le cartouche libère davantage d’espace pour l’illustration.

Il contribue également à renforcer la cohérence éditoriale entre les différentes publications.

Ce travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur le système SNBDA, développé pour accompagner plusieurs fanzines de l’AccaBD.

Son fonctionnement et sa conception font l’objet d’une étude de cas spécifique : SNBDA : concevoir un système graphique commun à plusieurs fanzines.

Dans cette maquette de démonstration, le cartouche est regroupé en haut à gauche : il réunit les repères éditoriaux dans une zone dédiée.

Remettre les auteurs au centre de la publication

C’est un aspect du projet auquel j’accorde une importance particulière.

Dans l’univers de la bande dessinée, les personnages et les œuvres bénéficient souvent d’une visibilité bien supérieure à celle de leurs créateurs.

Le lecteur reconnaît un héros, un style ou une série, mais ne connaît pas nécessairement le visage de la personne qui les dessine.

Pour un fanzine associatif consacré à la création, cette situation mérite d’être questionnée.

Mettre un visage sur un nom

J’ai donc intégré à la couverture un espace destiné à présenter l’artiste interviewé dans le numéro.

L’idée est simple : accompagner son nom d’un portrait photographique.

Cette présence humaine permet de renforcer le lien entre l’auteur et le lecteur.

Elle rappelle également que derrière chaque bande dessinée se trouve une personne, avec son parcours, ses influences et sa manière de raconter des histoires.

Le fanzine ne présente plus uniquement des créations.

Il valorise aussi celles et ceux qui les réalisent.

Et pour les artistes qui préfèrent rester discrets ?

Tous les auteurs ne souhaitent pas nécessairement afficher leur photographie.

Le dispositif prévoit donc une alternative.

Le portrait peut être remplacé par un personnage emblématique, un autoportrait dessiné ou une illustration représentative de l’univers de l’artiste.

L’objectif n’est pas d’imposer une représentation photographique.

Il est de donner une véritable place à l’auteur dans la communication du fanzine.

Mettre en avant les œuvres est indispensable. Mettre en avant leurs créateurs l’est tout autant.

La zone consacrée à l’auteur apparaît en bas à gauche de la simulation. Elle illustre le principe de présentation, sans documenter le contenu d’un numéro final.

Une maquette commune sans uniformiser les couvertures

L’un des enjeux de cette direction artistique était de développer une organisation graphique réutilisable.

Mais réutilisable ne signifie pas répétitive.

Une maquette éditoriale doit posséder suffisamment de règles pour garantir une cohérence d’ensemble, tout en laissant une marge de liberté à chaque nouvelle illustration.

Des éléments permanents

Certains composants constituent les repères visuels de la publication.

Le logo, le cartouche informatif et la zone de présentation de l’auteur participent à cette identité.

Leur présence permet au lecteur de reconnaître le fanzine.

Des éléments variables

D’autres composants doivent pouvoir évoluer.

La palette chromatique peut s’adapter à l’illustration.

Le traitement du logo peut varier.

La position de certaines informations peut être ajustée en fonction de la composition.

L’espace consacré à l’auteur peut accueillir une photographie ou une illustration.

Cette distinction entre éléments permanents et variables constitue le fondement d’un système éditorial adaptable.

L’objectif n’est pas de reproduire éternellement la même couverture, mais de construire une identité reconnaissable à travers des créations différentes.

Une réflexion graphique au service d’une publication collective

Ce travail sur la couverture du Bol d’Encre dépasse la simple mise en page.

Il repose sur plusieurs choix de direction artistique.

Le premier consiste à préserver la place centrale de l’illustration.

Le deuxième vise à améliorer l’organisation des informations éditoriales.

Le troisième cherche à renforcer la visibilité des auteurs.

Enfin, l’ensemble doit rester suffisamment souple pour accompagner les futures éditions.

Ces décisions ne répondent pas uniquement à des préoccupations esthétiques.

Elles concernent également la manière dont une association présente ses publications, ses artistes et son identité au public.

Une couverture est un espace de communication.

Chaque élément doit donc posséder une fonction.

Le résultat : une couverture structurée, expressive et humaine

Cette évolution s’est construite progressivement. Les premières discussions ont ouvert la voie à un cartouche éditorial et à l’abandon de la typographie funky précédente, mais ces changements ne suffisaient pas encore à aboutir à l’identité recherchée.

Il a fallu attendre 2025 pour que la nouvelle organisation graphique du Bol d’Encre soit adoptée par l’association.

Planche promotionnelle réunissant Bol d’Encre, Bol de Pastel et Terreurs Nocturnes pour Des Planches et des Vaches en avril 2026.
Cette planche promotionnelle pour avril 2026 présente les trois fanzines et montre l’application du système sur Bol d’Encre. Illustration de cette couverture de Bol d’Encre : Denis Bajram. Direction artistique, logo et dispositif éditorial : François Lefeuvre.

Elle associe une identité visuelle affirmée, une meilleure hiérarchisation des informations et une volonté de valoriser les auteurs.

Le travail sur le cartouche éditorial a également ouvert la voie à une réflexion plus large sur la cohérence graphique des différentes publications de l’AccaBD.

Cette démarche montre qu’une direction artistique réussie ne repose pas uniquement sur le choix des couleurs, des typographies ou des illustrations.

Elle nécessite de comprendre le rôle de chaque élément et les relations qu’ils entretiennent.

Une couverture doit raconter quelque chose avant même qu’on ouvre le fanzine

Le logo identifie la publication.

L’illustration attire le regard.

Le cartouche informe le lecteur.

Le portrait donne une place à l’auteur.

Chaque composant contribue à la lecture de l’ensemble.

Une couverture réussie ne se contente pas d’être belle. Elle donne envie de découvrir ce qu’elle contient, tout en respectant celles et ceux qui l’ont créée.

Découvrez également Bol d’Encre : quand la typographie devient illustration, consacré à la conception et à la refonte du logo historique du fanzine.